est la revue trimestrielle qui reprend toute l’actualité et les informations techniques et pratiques de l’emballage imprimé.


De la création à la conception du packaging, vous retrouvez toutes les informations utiles et indispensables aux professionnels (industriels de l’emballage - fournisseurs de matières premières - décideurs/acheteurs…).

Le design de l’emballage est très important, nous sommes dans un nouveau type de recherche du plaisir, marqué par le souci de débanaliser le quotidien.
Tendances et Emballages « détecteur de tendances » vous accompagne dans votre développement.

Novembre 2016 • Hors-série

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

TRIBUNE

TREEDIM, éditeur de logiciels de CAO packaging et PLV
Alain NOBRE - Fondateur Dirigeant

L’emballage dans toute sa 3e dimension

À l’occasion du salon all4pack, nous avons souhaité mettre l’accent sur l’utilisation et les évolutions de la 3D devenue omniprésente dans le cycle de vie des emballages produits. Pour ce faire nous avons confié cette tribune à un expert des logiciels de CAO packaging et PLV, Alain Nobre, dirigeant de TreeDiM.

Afin d’aborder le sujet de la 3D, Alain Nobre lève d’emblée toute ambiguïté entre l’image, ou la vidéo, virtuelle qui apporte un rendu extrêmement réaliste grâce aux solutions 3D et la modélisation virtuelle appliquée au domaine industriel. « La modélisation virtuelle permet de modifier, d’étudier sous tous ses angles des produits pour mieux appréhender leur forme et leur fonctionnement, de réaliser leur fabrication directe ou encore de concevoir des outils de production. Dans le domaine de l’emballage, la 3D permet, par exemple, de vérifier ou comprendre le mécanisme des systèmes d’ouverture/fermeture des emballages, leur complexité dans le pliage, le montage et l’assemblage mais également de visualiser l’impact d’une forme et d’un graphisme grâce à la réalité augmentée ou à la réalité virtuelle (magasin virtuel). »

L’univers de l’emballage, immanquablement associé à celui du marketing, de la vente et de la communication, connait un véritable bouleversement grâce à ces réalités virtuelles et augmentées mais aussi au web 3D qui accroissent le pouvoir de séduction des packagings. « Visualiser un emballage en réalité augmentée sur un lieu de vente réel ou trouver la meilleure disposition des packagings sur un linéaire d’un magasin virtuel est un atout certain. D’autre part, l’e-commerce est aussi une révolution bien en marche et l’on parle désormais de retail 3D mettant en évidence des contenants sur des linéaires fictifs. La question est de savoir si demain, les consommateurs se contenteront de porter leurs achats sur des emballages en 3D plutôt que de voir directement le produit en ligne. Si la 3D est déjà bien intégrée dans la conception et la production, si elle est parfaitement assimilée par les acteurs du numérique et de la CAO, des défis de plusieurs ordres attendent encore les industriels. Défi générationnel d’une part avec des consommateurs conditionnés par la 3D depuis l’enfance mais également technique avec la découverte de nouveaux usages qui nécessiteront alors d’investir rapidement et, à bon escient, dans du matériel adapté de conception et de production mais également de former des équipes », assure l’expert en 3D.
Aujourd’hui, les PME sont-elles réceptives à ces avancées technologiques ? « Cela dépend en fait des domaines et surtout des matériaux d’emballage. Pour les procédés de flaconnage, de thermoformage, d’emboutissage et pour les matériaux tels que le verre et les plastiques, l’utilisation de la 3D est indispensable et déjà bien établie. La maquette virtuelle réalisée permet de réduire le time to market, d’éviter des erreurs structurelles et visuelles, d’être également plus réactif aux innovations. Sa conception, donnant lieu à des échanges numériques instantanés et, de ce fait à un travail collaboratif, apporte des gains en termes de déplacement physique non négligeables. Autres atouts ? La réduction du nombre de prototypes à réaliser pour atteindre au plus vite la maquette réelle finale et l’amélioration de la fonction primaire de l’emballage, à savoir protéger le produit dans son transport et ses manipulations, grâce à la simulation numérique. » précise Alain Nobre.


Ainsi, dans le domaine de la conception packaging, le modèle 3D permet d’intégrer le cœur des systèmes de conception et de production des produits, d’envisager et d’optimiser leur cycle de vie (grâce à l’ACV, l’analyse du cycle de vie) et de mettre en œuvre de véritables solutions d’éco-conception pour réduire l’impact environnemental en participant à l’optimisation globale du système d’emballage à sa source. « Chez TreeDiM, nous avons fait le choix d’associer fortement l’open-source à tous les projets de plateforme de collaboration et d’éco-conception, en diffusant librement des outils logiciels performants dont la solution StackBuilder optimisant entre autres l’encaissage, la palettisation jusqu’au chargement. Nous cherchons ainsi à démocratiser l’usage de la 3D dans un intérêt collectif. »


Pour le carton, qui reste le matériau le plus utilisé et le plus présent dans l’emballage, le retard dans l’utilisation de la 3D demeure important et l’adaptation plus difficile.


Cela est dû à des critères objectifs : ce que va livrer un producteur d’emballage à son client est le plus souvent un produit à plat en 2D soit un carton imprimé, découpé, rainé. Contrairement à la fabrication des autres produits ou des emballages dans d’autres matériaux, la 2D, et non la 3D, servira à produire les emballages carton. Concevoir une maquette virtuelle ne semble pas indispensable d’autant que l’apport des techniques d’impression numérique à plat dans la rapidité d’exécution encourage la création d’une maquette réelle. L’adaptation et l’évolution générale vers la 3D sont aussi freinées par les délais très courts et des prix souhaités par les entreprises consommatrices d’emballage. Faut-il développer une activité spécifique et vendre des prestations 3D uniquement pour l’utilisation future du modèle 3D par leur client ? Cette question est plus particulièrement posée aux industriels de l’emballage carton qui s’orienteront vers l’intégration industrielle (PLM), le web 3D, le retail 3D,…